On nomme stigmates des traces corporelles douloureuses des plaies du Christ, visibles ou invisibles, permanentes ou périodiques. Le premier dans l'histoire dont on raconte la
stigmatisation est François d'Assise. on la retrouve ensuite par exemple, chez Catherine de Sienne et Anne-Catherine Emmerick.
Saint François commença à contempler avec une très grande dévotion la Passion du Christ et son infinie charité. Et la ferveur de la dévotion croissait tellement en lui qu'il se transformait tout entier en Jésus par amour
et par compassion. Comme il était en cet état et qu'il s'enflammait dans cette contemplation, il vit, en cette même matinée, venir du ciel un séraphin avec six ailes de feu resplendissantes ; comme ce Séraphin, dans
son vol rapide, s'approchait tellement de saint François qu'il pouvait le bien voir, il reconnut clairement qu'il avait en lui l'image d'un homme crucifié et que les ailes étaient disposées de telle sorte que deux se déployaient sur
sa tête, deux se déployaient pour voler, et les deux autres couvraient tout son corps.
Cette vision admirable disparaissant donc après un long espace de temps et ces paroles secrètes, laissa au
coeur de saint François une ardeur sans mesure et une flamme d'amour divin, et laissa dans sa chair une merveilleuse image et empreinte de la Passion du Christ : car aussitôt dans les mains et dans les pieds de
saint François commencèrent à apparaître les marques des clous, de la manière qu'il venait de voir sur le corps de Jésus crucifié, qui lui était apparu sous la forme d'un Séraphin ; et ainsi ses mains et ses pieds
paraissaient cloués en leur milieu par des clous, dont les têtes, hors de la chair, se trouvaient dans les paumes des mains et sur la partie supérieure des pieds, et dont les pointes ressortaient sur le dos des mains
et dans les plantes des pieds : ils paraissaient recourbés et rivés en sorte que, sous cette courbure, dans ce repli, qui tout entier faisait saillie sur la chair, on aurait pu facilement passer le doigt comme dans un anneau ;
et les têtes des clous étaient noires et rondes. De même, dans son côté droit il apparut la plaie d'un coup de lance ; non cicatrisé, rouge et ensanglantée, qui dans la suite jetait souvent du sang de la sainte poitrine de
saint François, et lui ensanglantait sa tunique et ses braies. Aussi ses compagnons s'étant aperçus, avant de le savoir par lui, qu'il ne se découvrait ni les mains ni les pieds et qu'il ne pouvait poser à terre la plante des
pieds, trouvant ensuite sa tunique et ses braies ensanglantées quand ils les lui lavaient, eurent la certitude qu'il avait manifestement empreinte, aux mains et aux pieds, et de même au côté, l'image et ressemblance du Christ crucifié